

"Pour n'en garder que les quintessences..." (A.R.)



Dieu est dans le ciel parmi les hélicoptères de police et les satellites de la CIA ainsi qu'au fond du cerveau où la lumière réclame un nom.
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J'ai conforté le pouvoir du pouvoir car je ne maîtrise pas l'inconnu.
--La créer ou la découvrir n'est qu'une fantaisie. Elle est toute définie : c'est une propriété, une marque déposée. Et pourtant...la liberté aurait pu être le contour de l'âme.
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Les détourneurs et réducteurs de libertés se posent en victimes de leurs propres logiques. Liberté du non-partage : celle de réduire les libertés d'autrui, de fermer des portes, de promouvoir l'unique au détriment du tout. Maelström de réductions, cheval de Troie des petitesses, de l'ignorance et de l'incompréhension promues au rang de valeurs. Violences soignées par des violences. Fermeture des horizons, des chemins de traverse et des correspondances. Discipline de la raideur, forme niant son fond, cultivant ses monstres pour mieux se faire peur et prouver par la preuve que le bien et le mal sont définitifs. Chaque chose à sa place. L'ennemi est désigné : la nuance qui menace l'immuable. Un immuable de pacotille, fantasmé, petit monde privilégié aux qualités toutes matérielles où l'on se purifie en brulant les conséquences de ses propres égoïsmes dont la noirceur se diffuse et s'étend dans tout l'espace laissé vide des essences perdues. Certaines formes primitives devenues plus pauvres et identiques s'élancent dans une dynamique de recherche sans fond, pur mouvement : celle de tous ces faibles qui réclament de la force. Alors on cultivera la force. Elle se nourrira d'elle-même, d'année en année, toujours plus grosse : futurs cadavres oubliés sur les champs de bataille de guerres absurdes et fratricides. La force implosera : ce n'était qu'une énergie éprise d'elle-même, comblant son vide glacial par le feu de tout bois. Holocauste au Dieu des absences.
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La poésie est un moyen de lutter contre les voleurs d'émotions. Mais qui lit les poètes ? Les plus lus travaillent pour les publicitaires...
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Le couchant dilue
Les rayons tressent
Les miroirs coulent
Bonté farceuse
Blés murs
L'alouette qui s'en va

est un poème écrit en 1995. C'est ma première exploration de l'au-delà des mots. Je veux faire émerger du sens impur et instable. Dans ce poème j'imagine une jeune fille qui s'éveille à la sensualité dans un milieu catholique traditionnel. Je veux créer une émergence de sens qui se chevauchent et interfèrent. Je travaille l'ambiguïté dans tous ses sens, dans toute son émergence.
La communiante
Chaussettes de lait. Les amies du catéchisme
Le triangle chaud de la petite Thérèse
Sous le regard myope de Dieu
Mignarc-en-ciel des yeux
Tulle pliée avec j'ai su cris
Des fleurs au chiné, haies, allées
Cent nuits le jour sang parlé
Clos charm'hanche fin chevieux
Cou, sein blanc et gens passent
Encore Encore une petite prière
Lèvres tièdes sur la pierre.
L'hiver s'allume comme une machine
Qui grince sur l'axe des deux pôles.
Mes joues rosissent, il faut si froid
L'hiver fait lourdement craquer son échine
Ce soir après la neige lasse et profonde,
Ma fatigue sourd des parquets de vieux bois,
Et s'ébroue, géante vagabonde,Par dessus la ville, loin au-dessus des toits
Sous un manteau d'étincelles divines
J'entends le souple cri des cheminées
Les cieux béants ont la plomberie fineEt sur leurs dents glissent les oies
Dehors sous mes fenêtres un chien aboieEt un chat fume. Puis ils s'éloignent à petit pas...
Ici et là tombent des plumes
Tout doucement autour de moi
DATE: 01/16/2007
...on s'approche.
Mais il ne faut pas adhérer, pas entrer dans la zone qui s'offre.
Celle que l'on proférait et que personne ne contestait jamais
Celle qui était vécue comme juste jusque dans la racine des cheveux de la vierge dodue. Celle que l'on bénissait parce qu'elle était belle à croire. La création est une respiration qui ramifie ses révolutions. Toute l'eau du lavabo disparait en tournoyant. Quelques hélices d'ADN traînent, invisibles, sur une brosse à dent.
Il faut rester sur la frontière, la limite, là où les choses se traduisent, se métaphorisent. L'âme attentive partout. Être méduse qui nage transparente à son propre cerveau et observer. Prêt à grimper d'un degré lorsque la boucle semble bouclée. Reconstruire le palais avec du cristal.
L'esprit voyage et intègre par quintessences car la vérité reste le mouvement d'une ême qui s'harmonise. Le savoir se décante en outils psychiques. On est donc seul le jour où l'on croise la vérité. A moins de donner à partager chaque outil, un par un, au moyen d'expériences choisies et synthétisées en beauté.
Si la poésie est un condensé d'énergies, la poésie des poètes voyants est un don d'âme.
De nouvelles guirlandes d'étincelles dans la vaste nuit : un peu de lumière si cela sonne juste.


La pureté s'ennuyait sur le seuil flambant neuf de sa grande maison.
Les graisses et les cicatrices glissaient sans s'arrêter sur sa peau pour se perdre dans le ciel suffisamment limpide pour ne blesser personne.
Des émotions mécaniques faisaient du porte à porte.Tous les prix étaient affichés.
Elles venaient ainsi relancer le bien-être soigneusement dosé qui s'écoulait dans le réseau veineux des malades imaginaires que l'on gavait de sourires et de stimulants chimiques.
Les draps de la nuit étaient très blancs. Malgré le couvre-feu, certains osaient contempler le désordre des étoiles sans connaitre les constellations.
Il leur venait des idées mauvaises. On leur conseilla de faire la guerre ou de faire l'amour. De faire une guerre propre dans un pays lointain, où il restait encore bien des choses à purifier. De faire l'amour de façon ludique et anti-conformiste et de répéter à l'être aimé qu'il est le seul et l'unique. Et chacun croyait conquérir le soleil.
(2000)
Je te dédie ce poème
car j'ai vu
j'ai vu le ciel s'arrondir
Et la terre s'aplatir
Et quelques bulles partir
Avec de l'or dedans
Sur les versants du ciel
Que les vents poussent.
Là -haut, loin de mon âme
Lestée de bâillements,
J'ai grillé quelques larmes
Qui roulent et qui s'émoussent
Qui roulent et qui s'émoussent
Dans des buissons ardents.
DATE: 09/03/2006
Une ligne de pêche s'est prise dans la ligne haute tension du chemin de fer sur le pont qui enjambe la rivière. Les trains sont retardés sur la ligne.
Le pêcheur est mort sur le coup. Pauvre pêcheur.
Le poisson vif argent s'est éloigné au fil du courant.
Sa vie ne tenait qu'à un fil.
Image : Marithé et François Girbaud (Pub VM)C'était une journée de grande braderie au village. Les commerçants exposaient leurs marchandises sur des étals. Je suis rentré dans l'église fraîche. On entendait à l'extérieur la sono : « Macumba, macumba, elle danse tous les soirs...».
Sur un tableau, l'air souffrant, le Christ sur le chemin de croix, un genou à terre, sa charge sur l'épaule et les yeux écarquillés, regardait le ciel. Au dessus une lagende précisait en lettres gothiques « Le Christ tombe pour la deuxième fois ».
. Artiste inconnu)La plupart sont nées de parents inconnus au-delà du ciel visible. Gamines, encore avides d'amour et de caresses, elles venaient jouer jusque sous nos terrasses et quémander un nom. On leur a dit merde avec de petits riens. Plus tard, écoeurées de tout, elles finissent par nier jusqu'à la raison. Elles évoluent naturellement, par un minutieux conditionnement, vers une bétise édifiante. Ignorantes comme l'âcre bâillement d'une passoire abandonnée sous la pluie, on les exporte toutes consommées.